# Maisons fissurées : l’État lance des aides expérimentales dès octobre

> Dès octobre, l’État teste des aides dans 11 départements destinées aux propriétaires de maisons sujettes au RGA. Le but ? Prévenir un phénomène croissant.

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# Maisons fissurées : l’État lance des aides expérimentales dès octobre

                  Rédigé par [](/author//) le 21 octobre 2025

Un simple mail peut suffire à faire perdre plusieurs centaines d’euros. Depuis quelques mois, les tentatives d’arnaque aux loyers impayés se multiplient en France. Des escrocs se font passer pour des agences immobilières ou des propriétaires afin de détourner les paiements vers des comptes souvent ouverts en ligne sous une fausse identité.

## L’essentiel

- Dès octobre, une expérimentation est lancée dans 11 départements pour prévenir les fissures liées au retrait-gonflement des argiles.

- Les propriétaires occupants de leur résidence principale sont éligibles, sous conditions de ressources.

- Le test prévoit de financer  jusqu’à 90 % du coût du diagnostic de vulnérabilité dans la limite de 2 000 €.

- Les travaux de réparation éligibles sont pris en charge jusqu’à 80 %, avec un plafond de 15 000 €.

## Ce que prévoit l’expérimentation d’octobre

Face à la montée des sinistres liés au **retrait-gonflement des argiles** (RGA) et au coût record de la sécheresse dans le [régime Cat’Nat’](/actualites/catastrophes-naturelles-france-statistiques/), le gouvernement ouvre, dès octobre, une phase pilote dans **11 départements**. L’objectif est double : tester un parcours de prévention standardisé (diagnostic, accompagnement, travaux) et mesurer son efficacité pour réduire la sinistralité avant d’envisager un déploiement élargi.

Concrètement, les propriétaires occupants de leur résidence principale, sous conditions de ressources, pourront solliciter une aide qui se décompose en 3 volets : 

- **Diagnostic**. L’État prend en charge** jusqu’à 90 %** du coût du diagnostic de vulnérabilité. Une aide qui sera **plafonnée à 2 000 €**. 

- **Accompagnement et maîtrise d’œuvre**. Ce diagnostic ouvre la voie à un accompagnement technique (maîtrise d’œuvre) également aidé jusqu’à **2 000 €**. 

- **Travaux**. Les travaux de réparation ou de prévention recommandés par le diagnostic pourront être financés **jusqu’à 80 %**, dans la limite de **15 000 €**. 

Cette expérimentation cible les territoires les plus exposés pour agir en amont. Elle complète, sans s’y substituer, le cadre d’indemnisation Cat’Nat’, qui n’intervient qu’en présence d’un arrêté de catastrophe naturelle. Ici, l’ambition est différente : diagnostiquer plus tôt, réparer mieux et diminuer la facture globale des sinistres.

## Où l’aide sera-t-elle disponible ?

Le gouvernement a retenu 11 départements pilotes particulièrement exposés : 

- Allier, 

- Alpes-de-Haute-Provence, 

- Dordogne, 

- Gers, 

- Indre, 

- Lot-et-Garonne, 

- Meurthe-et-Moselle, 

- Nord, 

- Puy-de-Dôme, 

- Tarn, 

- Tarn-et-Garonne. 

## Le RGA, un phénomène discret mais redoutable

Le RGA survient quand les sols argileux se rétractent lors des sécheresses puis se dilatent au retour de l’humidité. Ce mouvement différentiel fragilise les fondations, déforme les murs et fait apparaître des fissures parfois spectaculaires. Le phénomène est reconnu par le régime des catastrophes naturelles depuis la grande sécheresse 1989-1991, ce qui permet une** indemnisation des dommages** à condition toutefois qu’un arrêté de catastrophe naturelle soit pris pour la commune touchée. 

## Une dynamique de sinistres à la hausse et une note salée

La France fait face à une exposition sans précédent : plus de **3 millions de maisons individuelles** se situent en aléa RGA fort et plus de** 10 millions** seraient exposées à un risque fort ou moyen, soit **54 %** du parc immobilier national. 

Dans ce contexte, chaque sinistre pèse lourd : en moyenne** 16 500 € par maison individuelle**, un niveau record parmi les garanties dommages, d’après Géorisques. La sécheresse s’impose désormais comme le moteur de la sinistralité Cat’Nat’ : elle représentait **60 % des dommages** couverts entre 2016 et 2022, contre **37 %** entre 1989 et 2015, avec un pic à **3,5 milliards € **de dégâts en 2022. 

Cette tendance se confirme côté assureurs : sur les dix dernières années, la sécheresse concentre **52 %** des sinistres et sur les cinq dernières, son coût annuel moyen grimpe à** 1,1 milliard €**.

La logique de Bercy est claire : détecter tôt, réparer mieux, réduire la sinistralité et, à terme, contenir les primes liées au Cat’Nat’. Si l’expérimentation d’octobre confirme ses promesses, elle pourrait ouvrir la voie à un déploiement élargi et reconfigurer les pratiques des assureurs et des acteurs du Logement de manière plus générale. 

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